mercredi 6 juillet 2011

Si les murs de la Cà Dario....

 pouvaient parler, ils hurleraient!

Derrière les façades aux couleurs de friandises, la jeune Marietta Barbaro, emmurée, s'est consumée de chagrin.

L'historien Rawdon Brown s'est donné la mort face à ses tableaux; Kit Lambert, le manager des Who s'est perdu dans les fêtes et les drogues.
La liste est longue et sanglante .

Amoureux de Venise, Jean-Paul BOURRE a exhumé les bibliothèques de la Sérénissime pour raconter, sous la forme d'une enquête, l'histoire fantastique de ce bâtiment maudit, construit au XVI ème siècle sur un ossuaire et dont la devise gravée dans le marbre du frontispice, nous dit ,en anagramme" Celui qui habitera ces lieux ira à sa ruine"

( présentation du livre en quatrième de couverture)


L'ouvrage n'est pas bien épais, 120 pages tout au plus, mais il est de lecture agréable et néanmoins savante.

La légende de la Cà Dario ne nous est pas tout-à-fait inconnue mais  ce dernier livret nous révèle quelques arcanes de son histoire...moins connues et édifiantes...C'est pas demain la veille que je me porterai acquéreur de ce joli palais...( pour autant que j'en aie , un jour les moyens,les moyens , bien sûr)

En bref, je vous recommande la lecture de ce petit livre, vous passerez un moment léger mais non dépourvu
d 'intérêt


lundi 27 juin 2011

Nocturne.




Photo: ZEN


" Elle est toute au silence et à la nuit; elle est toute de solitude lunaire.Je parcours ses calli désertes, je traverse ses campi vides qu'encadrent des façades obscures, ses ponts où mon pas ne croise nul pas.{...}je marche comme dans un rêve, le rêve d'une ombre qui errerait dans une ville morte, et cependant, je sais fort bien où je vais.
Ce chemin, je l'ai parcouru cent fois; j'en connais tous les détours, les heures de lumière et de soleil aussi bien que les aspects nocturnes.
Cent fois, j'ai tourné l'angle de cette calle, monté les marches de ce pont, suivi cette fondamenta.Cent fois, mon pas a  retenti sur les dalles de ce campo, sous la voûte de ce sotto portico. Je reconnais ce campiello où coule une fontaine.Maintenant, je n'ai plus qu'à contourner le mur rouge de ce jardin et à enfiler ce ramo. Me voici arrivé. Au branle de la sonnette, cette porte va s'ouvrir et je n'aurai même pas à dire : c'est moi..."

Henri de Régnier. 
L'altana ou la vie vénitienne.1899-1924.
Edition Bartillat.Page 191.:-)