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jeudi 23 mai 2013

Sous la plume de...





VENISE

Je fus réveillé à l’aube
Par le timbre d’un carreau.
Craquelin de craie qui trempe,
Venise flottait sur l’eau.

Aucun bruit. Mais comme en rêve,
J’avais entendu un cri
Qui troublait encore la grève
Comme un signe évanoui.

Cri lointain d’une victime?
Trident du scorpion, sous lui
Le miroir des mandolines,
Apaisé, dormait sans bruit.

Fourche fichée dans la brume
Jusqu’au manche, il se taisait,
Et le Grand Canal en fuite,
Ricanant, se retournait.

Loin, près du débarcadère,
Du rêve naissait le vrai,
Et Venise, Vénitienne,
Se jetait à l’eau du quai.

(In Les Premiers Temps, 1914)
Boris PASTERNAK 

« ma préoccupation constante était que le poème lui-même contînt quelque chose, une pensée nouvelle ou un nouveau tableau. [...] Par exemple, pour Venise, la ville aquatique se dressait devant moi, et les ronds et les huit de ses reflets sur l'eau voguaient et se multipliaient en se gonflant comme des biscottes dans le thé [...] Je n'avais rien à demander ni à moi-même, ni au lecteur, ni à la théorie de l'art. Je ne demandais qu'une chose : que le poème contînt la ville de Venise.»

 
 

jeudi 3 novembre 2011

Femene che le lava...

Frank DUVENECK.Venise, 1885

Femene che le lava 

Tute le femene le va dó al lavador : 
no l’é’n mistier’sto qua 
ma l’é’n destin, cofà l’amor 
o’n fiól, o la só ora co la vien. 
La va dó l’ora e la lava 
co l’acqua che la fila via, 
l’acqua che anca de’sta vita 
e no sol de’st póche nostre robe 
la ne fa pulizhia 
...



Pietro LONGHI



Donne che lavano 

Tutte le donne si recano al lavatoio : 
non è un lavoro codesto,  
é un destino come l’amore 
o un figlio, o come l’ora nostra quando viene. 
Va giù l’ora e lava 
con l’acqua che fila via,  
l’acqua che anche di questa vita 
e non solo di questi nostri pochi indumenti 
ci fa pulizia. 


Frank DUVENECK

Les lavandières 
Toutes les femmes vont au lavoir : 
ce n’est pas un devoir 
mais un destin 
comme l’amour ou un bambin, 
ou comme notre heure quand elle vient. 
L’heure s’écoule et lave, 
avec l’eau qui s’enfuit, 
l’eau qui de cette vie aussi, 
et non seulement nos quelques habits 

nettoie.  



Andrea Zanzotto, 
Idiome, traduit de l’italien, du dialecte haut-trévisan (Vénétie) 
 par Philippe di Méo,



Andrea ZANZOTTO vient de nous quitter.
C'était l'un des plus grands poètes du Vénéto, si pas le plus grand. 
Je vous en parlerai prochainement et  plus longuement  à propos
d'un de ses textes dédié à la Sérénissime




lundi 27 juin 2011

Nocturne.




Photo: ZEN


" Elle est toute au silence et à la nuit; elle est toute de solitude lunaire.Je parcours ses calli désertes, je traverse ses campi vides qu'encadrent des façades obscures, ses ponts où mon pas ne croise nul pas.{...}je marche comme dans un rêve, le rêve d'une ombre qui errerait dans une ville morte, et cependant, je sais fort bien où je vais.
Ce chemin, je l'ai parcouru cent fois; j'en connais tous les détours, les heures de lumière et de soleil aussi bien que les aspects nocturnes.
Cent fois, j'ai tourné l'angle de cette calle, monté les marches de ce pont, suivi cette fondamenta.Cent fois, mon pas a  retenti sur les dalles de ce campo, sous la voûte de ce sotto portico. Je reconnais ce campiello où coule une fontaine.Maintenant, je n'ai plus qu'à contourner le mur rouge de ce jardin et à enfiler ce ramo. Me voici arrivé. Au branle de la sonnette, cette porte va s'ouvrir et je n'aurai même pas à dire : c'est moi..."

Henri de Régnier. 
L'altana ou la vie vénitienne.1899-1924.
Edition Bartillat.Page 191.:-)


samedi 7 mai 2011

Bonne fête...Maman...



Francesco GUARDI.Fillette de la famille Gradenigo avec une colombe

Un oiseau chante dans ma tête

Ce jour, un oiseau chante dans ma tête
car c'est ta fête , Maman.
Je voudrais que le temps s 'arrête,
que ce jour dure...infiniment!
Au jardin clos de mon coeur,
j'ai fait ample moisson
de baisers,de caresses.
Maman,
voici des gerbes de tendresses,
conserve-les précieusement
pour les jours gris de l'arrière-saison!
Comment ferais-je, Maman,
si je n'avais ta main
pour tracer mon chemin?
Je me sens si petite,
les heures passent trop vite !
Comment pourrais-je , un jour,
te rendre la chaleur et l'amour
dont tu entoures mes matins?
Peut être en étant simplement moi-même,
en te montrant combien je t'aime
et en gardant au fond du coeur
la chanson de notre bonheur,
l'image claire de ton visage
et le miroir bleu de tes yeux
où se reflète, ô doux mirage,
mon sourire d'enfant heureux!

Danielle T. in "Féminitude."

Bonne fête Maman (clic)


Rosalba Carriera .Enfant de la famille Leblond

mercredi 1 décembre 2010

Dire son nom à voix basse

31 jours nouveaux, 
31 jours de plus pour penser à  ELLE chaque heure de chacun de ces jours.
Vivre au quotidien avec ,lové sur notre coeur, 
ce tant précieux dictame,
rêver d'ELLE les yeux grands ouverts,
dire son nom à voix basse ,

donner ce nom à nos attentes, à nos espoirs, à nos désirs.
Venezia

mardi 2 novembre 2010

Sérénade vénitienne


 Frank Cadogan Cowper.
 ""Ladies"" vénitiennes écoutant la sérénade.

Les donneurs de sérénades
Et les belles écouteuses
Echangent des propos fades
Sous les ramures chanteuses.

C'est Tircis et c'est Aminte,
Et c'est l'éternel Clitandre,
Et c'est Damis qui pour mainte
Cruelle fait maint vers tendre.

Leurs courtes vestes de soie,
Leurs longues robes à queues,
Leur élégance, leur joie
Et leurs molles ombres bleues

Tourbillonnent dans l'extase
D'une lune rose et grise,
Et la mandoline jase
Parmi les frissons de brise.

Paul VERLAINE

vendredi 22 octobre 2010

La Casetta du poète



Tandis qu'il parle, et sans me distraire de l'admirer, je regarde le charmant décor.Il faudrait la science et le minutieux pinceau de Théophile GAUTIER pour d écrire ce pallazzino silencieux qu'éclaire le petit jardin et pour inventorier ces pièces minuscules dont les plafonds et les murs, curieusement ouvragés, sont couverts d'objets rares et précieux.

Maurice BARRES



Gabriele D'ANNUNZIO par Romaine BROOKS


""On cherche sous l'ombrage,
allongée dans sa nuit,
la silhouette encore
inoubliée depuis

du poète-aviateur
en son prénom d 'archange,
et qui demeurait là
perdu dans son courage

Jehan DESPERT




dimanche 26 septembre 2010

Il y a des jours où...


Myles BIRKET-FOSTER

Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.
Alors il faut prendre son courage à deux mains.
Et s'adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.
Être hardi. Une fois.
S'adresser hardiment à celle qui est infiniment belle.
Parce qu'aussi elle est infiniment bonne.
À celle qui intercède.
La seule qui puisse parler de l'autorité d'une mère.
S'adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.
Parce qu'aussi elle est infiniment douce.

Charles PEGUY