mercredi 26 janvier 2011

Luxe à l'orientale

 

Paris BORDONE.La présentation de l'anneau.


Le commerce des textiles et des tapis est florissant entre la république de Venise et le monde oriental, que ce soit avec l'Egypte ou la Turquie.Tous les tapis d'orient transitent par Venise, à sens unique, de l'orient vers l'occident, avant d'inonder le marché européen.

 Les tapis orientaux arrivent à Venise au début du XIVe siècle et apparaissent aussitôt dans les tableaux, notamment des scènes religieuses.produits de luxe les plus coûteux, les plus rares et donc les plus demandés, ils symbolisent la richesse de leur propriétaire.Ils ornent les sols mais aussi les meubles et les palais, suspendus aux balcons lors de grandes fêtes.

Vittore CARPACCIO.Le départ des fiancés( détail) la légende de Sainte Ursule.

Les artistes les dépeignent avec un réalisme tels que certains tapis prendront le nom de ces peintres.C'est le cas de Lorenzo LOTTO qui a représenté six tapis d'orient, appelés par la suite tapis" LOTTO".Fabriqués en Anatolie, dans la région  d'Ouchack, ils portent des motifs très reconnaissables d'octogones et d'arabesques complexes et, sur les bords, une frise évoquant une inscription arabe

Lorenzo LOTTO. Giovanni della Volta avec son épouse et ses enfants.1547
Lorenzo LOTTO.Couple : mari et femme
A vous de menez votre petite enquête, les peintres italiens n'ont pas été les seuls à introduire ces tapis dans leurs tableaux .

Ainsi Hans HOLBEIN a  , lui aussi,donné son nom , à une variété de tapis venus d'Anatolie.
Les tapis HOLBEIN , , sont représentés pour la première fois par Piero della FRANCESCA. Ils comportent un décor de petits motifs géométriques, et du pseudo-kufique sur les bordures. Une autre série qui porte le même nom se caractérise par de grands motifs de roues. Les tapis HOLBEIN pourraient avoir été produits à Ushak.
Hans HOLBEIN, le jeune.Les ambassadeurs .1533.

Regardez bien cette dernière toile..elle est particulière. :-)

La production des tapis de prière Bellini, dits aussi « à trous de serrure », commence dans la seconde moitié du xve siècle ; ils sont représentés entre 1490 et 1560. Servant à la prière, ils contiennent un grand médaillon central.

mardi 25 janvier 2011

Idylle vénitienne . Les révélatrices.(10)


 Joaquin Sorolla Bastida


Vous avez beau vous blottir sous mon ombrelle, Giovanni vous entend, c'est certain.Les gondoliers ont l'oreille si fine! Et il comprend le français,celui-là...Puisque je vous répète qu'il le comprend...Alors, taisez-vous!...Voulez-vous bien vous taire!

Cependant je ne me taisais pas.je m'étais simplement, un peu rapproché d'elle encore.A chaque mot que je disais, ses cheveux mousseux palpitaient sur ses tempes, éparpillés par mon haleine.

-Si!n'est-ce pas? Si! vous viendrez! chuchotais-je.Il tarde tant à mes miroirs de se régaler de votre visage! Mon rosier nain, dans son vase de Gubbio, se meurt de ne pas sentir vos narines le caresser;mon lit...

Elle était , soudain, devenue toute pâle.

-...Mon lit, repris-je, s'ennuie dans son coin!
- Pourquoi me parlez-vous de la sorte? Vous savez que cela me déplaît...Vous êtes un vilain! fit-elle.

Et son pied s'est arraché des miens.Elle m'a repoussé du coude...Elle ne souriait plus.

Mais deux petites pointes jumelles bosselaient ,maintenant , la courbe lisse de sa blouse collante.

Gabriel SOULAGES