samedi 19 novembre 2011

Les Vénitiens vous invitent...

Sur Amazon, très rapidement.

Note de l'éditeur

""À travers ce bel ouvrage original les Vénitiens vous invitent à vivre « leur Venise » et sa lagune en hôte privilégié.
Une cinquantaine « d'acteurs » majeurs de Venise se dévoilent et parlent de leurs arts, métiers, passions. Ils confient ensuite leurs lieux de prédilection de la Sérénissime pour nous inviter sur leurs pas à une découverte exclusive et rare de la cité.
Une découverte magique de Venise et sa lagune, connue des seuls Vénitiens, en quelque sorte vécue de l'autre côté du miroir.
En première partie, la parole est aux acteurs de Venise : artistes, restaurateurs, peintres, musiciens, designers, barmans, artisans, gondoliers, professeurs etc. (déclinés un par un).
Qui sont-ils ? Que font-ils ?
Puis ils nous ouvrent les portes de prédilection de « leur Sérénissime » tout en coups de coeur : balades, lieux, fêtes, festivals, trésors cachés, adresses rares (artistes, artisans, galeries, boutiques, marchés, restaurants, bistrots, bars, hébergements, etc.) Illustrée de photos, croquis etc. des acteurs et de leurs lieux de vie ""

 C'est un annuaire un peu haut de gamme .Tous ces Vénitiens ont  des métiers passionnants .Des figures bien connues...Luigi frizzo sans aucun doute qui ne le connaît pas...Danielle ( Venetiamicio)sera certainement heureuse d'y trouver ses amies Muriel Balensi et Dominique Brunet...des restaurateurs, des artisans amoureux de Venise, leur ville natale ou adoptive, conscients des risques encourus, soucieux d'y apporter remède...pour autant que...

Des adresses choisies, de quoi compléter votre "moleskine"...restaurants, boutiques, promenades, lieux culturels..

 Guidée par ces Vénitiens vous découvrirez, Venise au fil de leurs coups de coeur...plus de 300 adresses répertoriées par quartier avec des cartes pour les localiser facilement.

Des surprises, des découvertes.. :-)


Ce week-end  tout Venise  se retrouve pour la Fête de la Salute !



Bon week-end à vous qui passez..à bientôt !



Venise rococo


Je l'ai reçu ce matin , juste le temps de tourner quelques pages et déjà je peux vous dire que ce beau livre mérite de figurer sur la liste du père Noël.Il vaut son prix lequel  comparé à celui 
d 'autres livres parus récemment reste vraiment raisonnable pour la qualité de cet ouvrage. Je gage que le texte sera  à la hauteur des illustrations qui sont magnifiques.

 Photo de la maquette du palais inachevé  Venier dei Leoni



 Sur Amazon, sans problème.


Présentation de l'éditeur

Au début du XVIIIe siècle, Venise ne se présente plus comme le théâtre de la grandeur baroque. L’excès et l’emphase s’apaisent : un registre plus détendu s’affirme, déterminé par le bon gout de l’esthétique rococo, qui troque le faste et la surabondance contre une inclinaison pour les petites choses. Les espaces destinés à être décorés sont désormais surtout les pièces les plus secrètes, les boudoirs, les lieux intimes, destinés aux réunions entre amis et à la conversation. Les allégories redondantes de l’époque baroque sont remplacées par un langage plus léger, animé d’éléments naturalistes et d’ornements gracieux. Les teintes aussi s’éclaircissent : de la blancheur éblouissante relevée d’ors des stucs on passe aux tonalités pastel douces et reposantes. L’esthétique rococo induit un renversement des termes comme des valeurs : ce qui était minuscule devient grandiose. Il s’agit de la conversion « éclairée », qui fait qu’on passe de la rhétorique à l’antirhétorique. C’est l’immense intérêt de la campagne photographique à l’origine de cet ouvrage que de nous restituer et nous faire mesurer dans tous ses détails la mue considérable qu’a connu alors la Sérénissime. Qu’il s’agisse des extérieurs ou des intérieurs de la ville, Venise à cette époque a rejeté le masque du mythe, pour arborer ses véritables traits « humains». C’est un siècle qui fixe le visage de la ville par le biais du pinceau de Canaletto et qui, dans les toiles de Pietro Longhi et les comédies de Carlo Goldoni, surprend la noblesse, ainsi que la bourgeoisie et le peuple, dans leurs attitudes quotidiennes. Pour autant, ce n’est pas une époque uniforme : si d’une part elle se perd dans les cieux infinis de Tiepolo, d’autre part elle s’attarde sur les décolletés des religieuses immortalisées par Francesco Guardi. Grâce à une campagne de prise de vue et une iconographie spectaculaires, les auteurs font découvrir au lecteur un Venise différent qui ne se cantonne pas aux images suggestives de de Tiepolo et Canaletto mais s’élargit aux lieux cachés et fascinants de la vie culturelle et sociale de l’époque. Ils ouvrent les portes de palais méconnus et dévoilent les secrets de la vie quotidienne de l’aristocratie vénitienne du XVIIIe siècle, avec ses habits, ses objets de toilette, ses gouts raffinés pour le décor, pour l’art, la musique, le théâtre et la peinture. L’ultime art de vivre des années rococo avant la chute brutale de la République en 1797, victime du poids de l’Histoire 
 Ruggero Rugolo a enseigné Histoire de l’art moderne à l’Université Ca’ Foscari. Pour SASSI il a été co-auteur du volume Gli affreschi nei palazzi e nelle ville venete (« Les fresques dans les palais et les villas de la Vénétie », 2008) et Venezia Barocca (« Venise baroque », 2009). Il fait partie de la rédaction de l’Istituto Veneto di Scienze, Lettere e d’Arti de Venise.

Massiumo Favilla a enseigné l’urbanisme à l’Université IUAV de Venise, ainsi qu’à l’Université Ca’ Foscari dans le cadre du cour d’Histoire de la critique d’art. Il a été co-auteur du volume Gli affreschi nei palazzi e nelle ville venete (« Les fresques dans les palais et les villas de la Vénétie », 2008) et Venezia Barocca (« Venise baroque », 2009).

vendredi 18 novembre 2011

In mémoriam : Andréa ZANZOTTO

Il y a un mois, le 18 octobre dernier, nous quittait un des plus grands, si pas le plus grand, poète italien.


Andréa ZANZOTTO


Né à Pieve di Soligo, le 10 octobre 1921, Andrea Zanzotto obtient sa maîtrise de lettres en 1942, à Padoue, et commence à enseigner avant même d'avoir fini ses études. Après la guerre, il séjourne en France et en Suisse, avant de retourner définitivement vivre et enseigner à Pieve di Soligo.Il enseigne dans le secondaire tout en prenant part à la vie littéraire du pays.


L’œuvre littéraire de ZANZOTTO est une oeuvre majeure  en tous points remarquable et mérite assurément une longue halte  mais je ne m’attacherai ici qu’au recueil intitulé Filò La Veillée parce que celui-ci est dédié essentiellement à Venise.




 
1976.Lors du tournage de son Casanova, Federico FELLINI est à la recherche de vers en dialecte vénitien pour la tirade du Doge de l’une des scènes les plus envoûtantes de son film. Bien au fait de la création littéraire italienne et conseillé par son ami Nico NALDINI ( le cousin germain de Pier Paolo PASOLINI)  il fait tout naturellement appel à l’un des grands poètes contemporains, le vénitien Andrea ZANZOTTO.


FELLINI voudrait rendre fraîcheur et vigueur à un dialecte qui a perdu de son émotivité. Il aimerait que ZANZOTTO lui écrive un texte , mélange de la langue du Ruzante et de Goldoni.

Un texte qui reflèterait  le caractère visionnaire et quelque peu hagard  qu’il souhaite donner à son film CASANOVA.


 Pour mener à bien ce projet, le poète recourt alors à plusieurs dialectes. Il se réfère aussi bien à la tradition cultivée écrite qu’aux traditions orales de la ville de Venise comme à celle de sa région de Trevise. Le poète écrit des vers qu’il intitule : Récitatif vénitien », des vers « «  tour à tour sublimes, gouailleurs, licencieux et délicieusement blasphèmes ».

ZANZOTTO compose également La Cantilène londonienne » (clic), qui présente la fraîcheur d’une langue presque inventée depuis un matériau sonore typiquement vénitien du registre » petèl » : la langue câline par laquelle les mères s’adressent aux enfants très petits, c’est la chanson du film empreinte d’une délicate tendresse mélancolique.


Pin penin(1)
Valentin
Pena bianca
Mi quaranta
Mi un mi dói mi trèi mi quatro

Mi que mi sie mi sète mi òto

Buròto
Stradèa
Comodèa
(1)    il s ‘agit d’une comptine très connue, un peu remaniée ‚(et qui est, au reste, sujette à une multitude de variantes locales), avec de nombreux non-sens intraduisibles.

Pin penin(2)
Fureghin
Perle e filo par inpirar
E pètena par petenar
E po ‘ codini e nastrini e cordèa

Le xe le comedia i zoghesse de chéa
Cha jeri la jera putèa.

(2)  ici commence la partie inventée.

 P’tit peton
Valentin,
 plumelutin,
et moi carante
Et moidoeufs et moitrois et moicâtre
Et moi cinque et moississe et moissette et moiyuite
Vruiiite,
Tousselapin
Comodin-

P’tit peton
Vri-vrille,
Perles et fil à enfiler,
Et peigne pour peigner,
Et puis caudelettes et rubaneaux et cordelettes-

Ce sont là les jeux, les joujous de celle
Qui hier, hier encore, était petite fille.



Dans le même élan, mettant à profit cette expérience , ZANZOTTO rédige un long poème, intitulé La veillée,  écrit en dialecte haut trévisan qui se trouve être la langue maternelle du poète, suivi d’une méditation en prose sur le destin des langues à une époque où les dialectes disparaissent sur fond de «  communication globale »

ZANZOTTO  plie les dialectes de koiné vénitienne à toutes sortes d’inventions . Loin de l’ univers clos et trop souvent muséal ou nostalgique qu’est devenue la tradition dialectale écrite de notre époque, ZANZOTTO en tire une langue savamment élaborée et riche en privautés.

Après s’être mesuré avec la tradition dialectale , le poète est alors mûr pour affronter dans une  trilogie   Le Galaté au bois(1978), Phosphènes(1983), Idiome(1986) – la synthèse des trois grandes traditions poétiques italiennes : la dantienne, la pétrarquiste et la dialectale. 

Mais ZANZOTTO est aussi un critique fécond et original et un excellent traducteur ( Balzac, Michaux, Bataille). Il a également écrit, en vénitien,  pour les enfants.




Dans le domaine du cinéma, il continuera de collaborer aux films de FELLINI auquel le lie une solide amitié. Le nom de ZANZOTTO figurera de nouveau aux génériques de La cité des femmes comme de E  la nave va. Pour ce dernier film, ZANZOTTO réécrira les lyrics empruntés au répertoire de la tradition italienne du XIX e siècle. Avant de disparaître  FELLINI envisageait de réaliser un film à sketches sur Venise dont ZANZOTTO eût été l’un des scénaristes.

 La  totalité de ses poèmes et un large choix de ses proses ont connu  en langue originale, plusieurs éditions annuelles dans la prestigieuse collection "I Meridiani" l’équivalent de la Pléiade -, 


Andréa ZANZOTTO est décédé le 18 octobre à Conegliano. 
Il venait d’avoir nonante   ans.
Andréa ZANZOTTO était  une personnalité largement appréciée . Sans aucun doute légitimement conscient de sa valeur mais cependant ouvert aux autres, un Honnête Homme  pratiquant la belle modestie des vrais Grands.


Vous trouverez sur le net des biographies plus complètes. Je n’ai pas jugé utile de prolonger mon texte d ‘un copier/coller  d’une bibliographique importante. Google répondra à toutes vos requêtes.
 ***
De vous à moi, très honnêtement, ce n’est pas la poésie de Zanzotto qui a retenu ma première attention:-)


En tant qu'auteur et ayant choisi de m'exprimer dans  ma langue maternelle, j'ai le plaisir et surtout  l'honneur de voir quelques-uns de mes écrits publiés dans la revue "micRomania, revue consacrée aux littératures contemporaines en langues régionales romanes". Editée par le Comité roman du comité belge du Bureau européen pour les Langues moins répandues, cette revue publie des textes en aragonés ,jurassien,franco-provençal,furlan,..etc ..Il y a quelques années déjà un de mes textes s'est trouvé voisin d'un poème de ZANZOTTO. J'avoue humblement qu'à cet instant ce n'est pas le poème qui a retenu mon attention mais bien la biographie de son auteur et son origine: Venise, vénitien, Vénéto, ce sont des mots qui accrochent facilement mon regard.
Je me suis donc informée et j'ai acheté " la Veillée" puisque le texte est dédié à Venise.J'ai découvert un écrivain  habité par sa langue et ne le ménageant pas! Ce n'est pas facile à lire, j'en conviens, il faut juste se laisser emporter... c'est ce que je fais , pour l'heure avec 


mercredi 16 novembre 2011

L'heure du bain à la " stua"


Puisque nous sommes là, sur la fondamenta del Remedio,  jetons un oeil sur le sotoportego de la Stua ( étuve)
La "stua" désigne l'endroit où des chirurgiens de bas étage coupaient les ongles des pieds et éliminaient les cals.Ils avaient toujours de l'eau chaude à leur disposition ce qui explique le nom de "stua". 



Dans les " stue" on pouvait aussi prendre des bains chauds.
Les " stueri" soignaient aussi les malades avec des décoctions de bois, d'onguents au mercure et des parfums, ce qui n'avait pas toujours d'effet bénéfique sur leurs patients.


Les "stueri" s'étaient unis aux chirurgiens dans une scuola commune à Saint Paternian.



Les étuves servaient aussi de lieux de rencontre.Si l'on en croit Cornonelli, l'étuve la plus célèbre était justement celle de San Zani Novo, près de laquelle nous nous trouvons.

mardi 15 novembre 2011

Fondamenta del Remedio

 Ce beau portail ouvre sur la fondamenta.
Toi & Moi? Elle & Lui ??Joli symbole de couple.

REMEDIO était le nom du propriétaire de la Malvasia ( magasin de vins d'importation) qui se trouvait sur la fondamenta en 1570.
La Malvasia du dit Lorenzo Remedio était très renommée.Quand un jeune patricien atteignait ses vingt ans, il se présentait, avec un vêtement à traîne,dans la cour du Palais des Doges, où ses amis lui serraient la main et l'embrassaient.Après la réception du jeune homme par le Doge,cette cérémonie se répétait au Rialto.Quand il en avait fini, il se rendait à la Malvasia del Remedio où, en trinquant et en chantant, ses amis lui souhaitaient des noces heureuses et un avancement politique rapide. Au 4412 se trouve l'entrée d'une ancienne cour appelée Corte Rota deta Campana. En fait, cette corte fait partie de l'Hôtel Locanda Remedio et on peut penser que c 'est dans cette cour que tous ces jeunes gens et parents se retrouvaient.

Un fameux remède quoi!:-)

In: Venise .Trente itinéraires à la découverte de la ville.
Paolo GIORDANI

Photos de ZEN :-)

dimanche 13 novembre 2011