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dimanche 7 septembre 2014

Dal Ponte Piccolo ( Giudecca)



 Le rio del Ponte Piccolo ( 350 m) ,traverse la Giudecca de nord en sud et se raccorde au Canal de la Giudecca.


Au bout du rio,  la cheminée de l'ancienne usine Junghans est parfaitement intégrée dans la nouvelle architecture.Elle rappelle le caractère industriel du lieu.


Les établissements JUNGHANS, fondés en 1878 par les frères Herrion, agents généraux de l’entreprise allemande du Wurtemberg, fabriquaient des horloges et des mécanismes de très haute précision. 
Depuis la fin du 18ème siècle, la partie centrale de l’île de la Giudecca accueillait de nombreuses entreprises : industries textiles, chantiers navals, distilleries et minoteries telles « feu » Molino Stucky. 
C’est là qu‘Arturo Junghans choisit d’installer ses usines et en 1903 il en reste seul propriétaire. 

Pendant la première guerre mondiale ses biens sont mis sous séquestre jusqu’au 17 mai 1923. 
A cette date, la société est transformée en Societa Anonima Arturo Junghans, au capital de 2 millions avec une productivité quotidienne de plus de 1500 horloges occupant 500 ouvriers, hommes et femmes, résidant pour la plupart sur la Giudecca. 

Pour en savoir plus ,source de la documentation: 
Catherine E. Le Campiello. (clic)




 Belle semaine à vous!

mercredi 7 novembre 2012

Marino Faliero

Francisco Pradilla



  Marino Faliero (1274-18 avril 1355) est le seul des 76 premiers doges dont le portrait n'est pas aligné dans la salle du Grand-Conseil du Palais des Doges, et ce pour  cause de haute trahison. L'emplacement où devrait se trouver son portrait montre une tenture noire sur laquelle est inscrite la phrase suivante :
 « Hic est locus Marini Falieri decapitati pro criminibus » (Ici se trouve l'emplacement de Marino Falier, décapité pour ses crimes).

 Cette mise en scène était destinée à impressionner les ennemis de la République et à montrer qu'aucun, fût-il revêtu de la plus haute dignité, n'était à l'abri du châtiment. 




Quand je m’arrête devant l’Exécution du doge Marino Faliero, d’Eugène Delacroix, je ne songe pas à l’habileté qu’a dû développer le peintre pour triompher de la difficulté d’un pareil sujet.
Non, je suis tout à coup l’un des spectateurs. Du premier regard je saisis le calme effrayant et effrayé de tous ces personnages, je vois ce grand escalier de marbre, aux marches luisantes de soleil, et sur le palier de cet escalier, je suis attiré par ces porteurs des insignes royaux du doge, la grande robe de brocart garnie d’hermine, le bonnet ducal sur un coussin : on dirait qu’on attend le souverain ! Cependant, à droite, sur le devant de la balustrade, un homme sombre lève, d’un grand mouvement libérateur, une grande épée qui semble dire à une grande foule invisible et silencieuse : « Justice est faite. » Je ne vois pas la foule, je la devine à tous les regards fixes de ces personnages officiels qui, de haut en bas, plongent dans la cour, invisible elle aussi, et il y a un calme, une indifférence, une sorte de vengeance satisfaite dans ces regards, malgré leur impassibilité triomphante.
Triomphante ? et de quoi ? – « Justice est faite ? » et sur qui ?
C’est alors, alors seulement, qu’au bas de l’escalier de marbre, étendu de tout son long, sur un grand tapis noir, à demi affalé sur un billot, une main livide et crispée très en avant, c’est alors seulement que je vois un grand corps revêtu d’une tunique violet pâle. À côté, il y a debout, regardant aussi la foule, un bourreau coiffé de rouge. Je ne vois pas la hache, elle disparaît dans l’ombre du corps ; je ne vois pas la tête, elle est tombée de l’autre côté du billot ; je ne vois même pas l’horrible blessure, le cou brutalement tranché...
Mais je vois dans le bas du tableau, bien en contrebas, une figure effarée, dont les yeux démesurément ouverts fixent quelque chose de terrifiant, dans l’ombre sanglante, derrière le billot.
Elle est là, je le sens, la tête du doge Marino Faliero, et dans l’œil épouvanté du Vénitien, je la vois moi-même avec horreur Louis PERROY





 La dépouille de Marino Faliero fut déposée dans un sarcophage .Aucune inscription, aucun blason! Le sarcophage trouva asile dans un premier temps dans une chapelle de San Zanipolo .
Vidé de son contenu, le sarcophage fut déplacé pour servir de citerne à l’Ospedale civile.
Enfin on lui trouva  une place dans la galerie extérieure du Fondaco dei Turchi, où on peut le voir actuellement … toujours sans aucune inscription.Nul ne sait ce qu'est devenu le corps .




mercredi 28 mars 2012

Devoir d'Histoire et Art de vivre !




Je m'applique  à répondre consciencieusement aux questions de MON syllabus " Histoire & Art de vivre" !! Watt, Volta, Galvani.... vous vous souvenez???..Mes neurones turbinent à toute vapeur et j'aborde la page "Révolution industrielle" résolue à en donner une explication  simple mais néanmoins complète QUAND, au cours de mes recherches un mot vient se coller à mes rétines, une information capitale que j'aurais zappée sans complexe il y a plus d'un demi siècle ( waouh, tant que ça!!!!) . Je m'apprête à lancer vers mon époux mon sempiternel :" Tu sais quoi? " auquel il répond invariablement depuis un moment :" Encore ces Vénitiens!!!..mais  je ne suis pas chez moi , c'est loupé, soit!
 Je disais donc qu'au cours de mes recherches sur la "Révolution industrielle" j'ai appris que :
La première véritable législation attribuant un monopole pour les inventions  apparaît à Venise en 1474. Cette loi précise que le monopole est la contrepartie de sa divulgation.Et dès cette époque le brevet a deux fonctions:
*protéger les inventeurs contre la concurrence ,
*informer les novateurs


Les Vénitiens  ont été   au top niveau en bien des domaines !


A qui devons-nous  ces produits venus d'Amérique: les pâtes, le maïs, les épices?
Comme je ne mets pas tous ces produits dans le même panier,et que nous n'étions pas d'accord sur le "livreur", j'ai préféré laisser à mon acolyte le soin de répondre à cette question !
Et j'attends de voir...


















mercredi 12 octobre 2011

Huit jours à Venise...

  Maman, les p'tits bateaux..




""Lors, en parlant avecques le barquerot
Et l'escoutas, nous compta mot à mot
Sans y mentir, que quinze mille telles(*)
barques y a ,servant à ceulx et celles
Qui seullement veullent pour leur plaisir
parmy la ville aller et revenir,""




Et bien autant de grandes et de moyennes
pour amener marchandises ès douennes,
Vivres aussi, vin, herbe, chair et pain:
Car(à) la terre il n'y a nul confin,
Et mesmement que en chascune grant rue
par le meilleu la mer est répandue;""

(....à suivre)


** On pense qu'il y avait environ douze mille gondoles à Venise, au XVIe siècle.


Quelques vers extraits de 
" Huit jours à Venise au temps de François Ier" 
Ce manuscrit a conservé la relation rimée du voyage italien de trois bourgeois français qui firent l'aller-retour de Lyon à Rome, descendant par Milan, Venise, Ancône et remontant par Florence, Bologne et Pavie.
Ce sont de riches marchands, encore jeunes qui, dans un temps relativement calme, se paient le loisir d'un voyage
d 'agrément et de curiosité.
Ils furent à Venise du jeudi 10 juin au jeudi 17 juin 1535.

C'est un texte dont l'intérêt documentaire l'emporte sur le style qui reste celui d'un témoignage d'ailleurs écrits à plusieurs mains.

Le récit entier compte 7500 vers, plus quelques pièces annexes .L'épisode de Venise occupe plus de 1000 vers à lui seul...dont je n'ai retenu que ce qui est susceptible de nous intéresser voire de nous amuser....



Il nous reste à imaginer l'ébahissement de" nos voyageurs" devant ce mastodonte !!

Huit jours à Venise ( ou presque) et oui.. le feu est vert :-))))

vendredi 23 septembre 2011

la Scuola degli Albanesi

San Maurizio


Calle del Piovan, San Marco 2762 à San Maurizio

construction du début du 16e s. dont la façade fut terminée en 1531. Les hauts-reliefs dans la lignée des Lombardo représentent saint Gall, la Vierge et l’Enfant et saint Maurice, protecteurs de la confrérie.



San Gallo
Le bas-relief placé entre les deux fenêtres 

évoque le siège de Scutari par les Turcs.


La scuola degli Albanesi (CLIC) pour découvrir le dossier complet

mardi 21 décembre 2010

Aux confins de l'arsenal











 Aux confins de l'arsenal, au bout d'une longue marche, une tour,  l'ombrage des arbres et des feuillages, un banc et une superbe vue  sur la lagune.
N'hésitez pas à profiter des Biennales qui nous ouvrent les portes de cette enceinte monumentale.Et quand vous serez arrivée tout au bout, si vous êtes fatiguée, profitez donc du petit taxi gratuit qui vous ramènera à l'entrée..

vendredi 3 décembre 2010

Le bréviaire GRIMANI

  1510. Les gens sous la neige.

Sur son  blog, Artemisia fait allusion au "Livre d' Heures"  " du Duc  de Berry ". La Marciana à Venise peut s'enorgueillir de posséder le" BREVIAIRE GRIMANI
dont la restauration récente ( 2005) a été financée par Microsoft.






Le manuscrit est extraordinaire par le nombre et la qualité de ses enluminures.Les textes du Bréviaire sont précédés, comme il est d'usage à cette époque, par un calendrier illustré par des peintres flamands. Chaque mois fait l'objet d'une page entière, une attention particulière étant consacrée aux saisons, aux travaux agricoles et aux coutumes de la riche bourgeoisie des Flandres. En regard de la page enluminée est présenté le calendrier du mois, placé dans un cadre illustré de scènes champêtres et d'activités quotidiennes, ainsi que de monochromies à sujet religieux et des signes du zodiaque appropriés.
Les chapitres du manuscrit sont marqués de 68 enluminures en pleine page illustrant des scènes de l'histoire biblique, christique et de vies de saints. D'importants cadres et bandes latérales égayent chaque page : sur un fond de couleur unie, branches, fleurs, insectes et animaux réalisés selon la typologie décorative propre aux écoles de Gand et Bruges.
La coexistence de thèmes profanes et sacrés et le réalisme des images de la vie quotidienne dans les Flandres caractérisent ce manuscrit, comme d'autres oeuvres de cette époque.
Certaines enluminures sont certainement oeuvres d'atelier. Cependant, une grande partie du calendrier et des illustrations à construction spatiale complexe, selon un goût italianisant, peut être attribuée à Gérard HORENBOUT, qui travaillait à Gand. Les illustrations archaïsantes et décoratives peuvent, quant à elles, être attribuées à Alexander (Sander) BENING et à son fils Simon.
La restauration est terminée et a été présentée à la presse le 12 mars 2005.




Le Bréviaire est cité pour la première fois par son propriétaire, le Cardinal Domenico GRIMANI, à l'occasion de la rédaction de son testament en octobre 1520 (le Cardinal mourra en 1523). Le Cardinal Grimani avait acheté le manuscrit à Antonio SICILIANO, Chambellan du Duc de Milan Massimiliano SFORZA. Il est possible qu'Antonio Siciliano ait acheté le Bréviaire directement en Flandre où il fut ambassadeur du Duc Sforza en 1514.Le premier commettant de l'oeuvre n'est pas connu mais la richesse du Bréviaire montre qu'il ne s'agit pas d'un travail de production courante. L'iconographie de certaines illustrations reflète le style des artistes de la fin du 15ème siècle, tels Hugo VAN DER GOES, Hans MEMLING et Gérard DAVID. Certaines innovations plaident, néanmoins, pour une datation plus tardive de l'oeuvre (vers 1520) à l'apogée de l'école de Gand et de Bruges représentée par Quentin METSYS, Joos VAN CLEVE et Jan GOSSAERT.
Le cycle iconographique du calendrier s'inspire des illustrations des frères LIMBOURG dans les " Très riches heures " du Duc de Berry, antérieures d'environ un siècle (1411-1416). Cette oeuvre fût probablement disponible dans les Flandres à l'époque de la réalisation du Bréviaire car Marguerite d'Autriche, veuve de FILIBERTO II de Savoie et propriétaire des "Très riches heures", était gouverneur des Pays Bas à cette époque.



jeudi 21 octobre 2010

A la bonne heure...


Santi Apostoli

Savez-vous pourquoi les quelques horloges qui demeurent aujourd'hui, ou celles qu'on aperçoit sur les toiles de Canaletto et de Guardi, sont divisées en 24 parties au lieu de douze?




San Giacometto -Rialto

Venise considérait que, pour chaque jour de l'année, qu'il était 0 heure au moment où le soleil se couchait.On assistait donc , selon les mois et les saisons, à un déplacement de la première heure en fonction de ce même coucher de soleil. Lorsqu'on parle au XVIIIème siècle d'un spectacle qui commence à 3 heures de la nuit, ce n'est évidemment pas en plein milieu de notre nuit actuelle, mais trois heures après la fin du jour. Ainsi, un Français s'étonne à son arrivée d'entendre les Vénitiens parler de "17 heures" quand, en toute logique, il est midi pour lui!

Les tables de conversion patiemment réalisées par Gastone VIO montrent ainsi que ce que nous appelons aujourd'hui minuit, correspond à 3h45 le 8 juin et à un peu plus de 7 heures le 8 janvier.

San Marco

De plus, du temps de la République, Venise n'observe pas le même calendrier que ses voisins; elle se retrouvera même, à la fin du XVIIIème siècle, le dernier pays à utiliser le calendrier julien. La France, qui changeait autrefois d'année à Pâques, s'est rangée aux habitudes de l'Allemagne, de la Suisse ,d e l'Espagne et du Portugal, en fixant la nouvelle année au 1er janvier, à partir de 1564. La Russie qui ouvrait l'année à l'équinoxe, et l'Angleterre qui la commençait le 25 mars s'y sont également conformées , respectivement en 1725 et en 1752. Venise est donc la dernière( jusqu'à sa reddition à Bonaparte en 1799) à commencer l'année nouvelle le 1er mars et non le 1er janvier.
Un voyageur français ou allemand qui croit arriver, selon le calendrier de son pays, un 6 février 1723, se trouve en fait à Venise en 1722, puisque les mois de janvier et février appartiennent encore à l'année finissante.


Francesco GUARDI

In " La Venise de Vivaldi" Musiques et fêtes baroques. Patrick BARBIER

mardi 13 juillet 2010

Aux entours des INCURABILI


Dans DORSODURO, les Incurabili

L'appellation qui caractérise toute cette zone, dérive de la présence de l'Ospedale degli Incurabili fondé là où en 1522, dans une maison voisine, Maria MALIPIERO et Marina GRIMALDI avaient porté secours à trois femmes de San Rocco affectées de maladies vénériennes considérées alors comme incurables. Au début, seulement destiné aux malades, le lieu devint vite une institution vouée à abriter les orphelins et les enfants qu'on voulait diriger vers la doctrine chrétienne ou les arts et métiers.

Légendes vénitiennes et histoires de fantômes. Alberto TOSO FEI.



Cette maison de la calle Navaro est pour ainsi dire la plus vieille boutique de Venise.Elle a joué, dans l'histoire de la ville , un rôle particulier que je soulignerai de noir . Personne n'a oublié...



Cette maison est une ancienne boulangerie celle qui fut à l'origine d'une épidémie de peste. Elle est située à proximité du campiello ( et ramo) drio ( dietro) agli Incurabili, avec , à chacun de ses angles les statuettes du Christ ressuscité en dessous d'un "baldaquin" en forme de coquille.
Une date est gravée sous les statuettes : 1681 .

La façade de cette maison a toutes les caractéristiques de son époque : bandes de marcapiano répétées sans cesse autour de l'édifice, pièces carrées et encadrements plats.

Une vierge veille,elle aussi, sur le campiello et la maison.


Au début de la toute proche Salizzada del Forno, cette jolie petite maison, elle aussi bien protégée fait partie d'un ensemble de 16 habitations mitoyennes du XVIII ème siècle, réparties en deux bâtiments séparés par un jardin collectif.







jeudi 10 juin 2010

L' Arbre de Vie




Dans Venise,aux côtés d'une multitude d'animaux symboliques apparaissent d'autres sujets emblématiques du Christianisme.
En particulier la SOURCE DE VIE où se désaltèrent des animaux et volatiles et l'ARBRE DE VIE sur lequel ils se posent, symboles qui renvoient aux thèmes bibliques



Symbole d'immortalité, souvent représenté entre deux orants ou deux prêtres qui poussent la contemplation jusqu'à l'adoration; souvent aussi représenté entre deux animaux affrontés: lions, taureaux, bouquetins ou monstres ( tels griffons ailés ) qui gardent l'ARBRE DE VIE .

Pour atteindre celui-ci et gagner l'immortalité, , il faut triompher des monstres, lutter contre le mal.

Voir dans Carnets vénitiens :