mercredi 23 novembre 2016

A la recherche d'Utopia ?

Peintre, dessinateur, graveur, Jan Gossart, ou Gossaert,
 dit Mabuse est un artiste flamand romaniste de style maniériste de l'École d'Anvers.
Cette œuvre de Jan Gossaert raconte toute l’histoire d’À la recherche d’Utopia en une seule image magnifique : Portrait d’une jeune princesse danoise portant une sphère armillaire. La sphère armillaire qu’elle tient en main représente l’univers, mais à l’époque de Thomas More, elle symbolisait aussi la sagesse et la connaissance. Les anneaux métalliques représentent les cercles célestes. La princesse tient intentionnellement l’instrument scientifique à l’envers ! Jan Gossaert traduit ainsi merveilleusement le message d’Utopia : renverser les choses et être ouvert au changement permettent de révolutionner les idées.



L’île Utopia n’a jamais existé. Pourtant, Thomas More la décrit dans le moindre détail comme si elle avait existé : un monde imaginaire avec des idées révolutionnaires comme une journée de travail de six heures, une grande abondance et un bonheur enviable. Mais ce monde idéal ne pouvait exister qu’avec un contrôle strict, le non respect de la vie privée et des sanctions sévères pour les dissidents.

L’exposition  installée, depuis octobre , dans l’impressionnante bibliothèque de l’Université de Louvain  nous invite à découvrir Utopia, la vie et l’œuvre de More et le genre littéraire utopique.

On peut y voir  des manuscrits, des lettres originales, d’anciennes publications et des curiosités . Autant de documents précieux qui constituent la base d’une riche tradition utopique. À l’instar de Thomas More, beaucoup de scientifiques et d’écrivains ont couché sur papier leurs réflexions  sur la société idéale.


 L’engouement pour Utopia a donné lieu à une vague de créativité dans la peinture, à la réalisation de tapisseries, de cartes géographiques et d’instruments scientifiques. Tous les grands maîtres contemporains de Thomas More sont représentés avec des chefs-d’œuvre absolus.
 À la recherche d’Utopia est une occasion unique d’admirer dans une même exposition les plus belles œuvres de Quinten Metsys, Jan Gossaert, Albrecht Dürer, Hans Holbein et bien d’autres encore. 
L'exposition nous fait  découvrir un seizième siècle qui rappelle l’ actualité de 2016. 


Thème 1: Utopia de Thomas More

'Un livre d’or, pas moins utile qu’amusant, sur la république idéale et sur la nouvelle île Utopia', dit le sous-titre d’Utopia. Thomas More l’a écrit par frustration parce que corruption et mauvaise gestion étaient monnaie courante en Angleterre. Sa réponse fut Utopia: une île imaginaire où le bonheur et la justice régnaient en maître. 
Utopia n’est pas seulement une histoire de rêves et d’idéaux. Les échecs et les déceptions font aussi partie de la quête de la nouvelle société. Le rêve demeure intact ou se transforme en cauchemar.Cette dualité détermine le caractère du deuxième aspect de l’exposition : le succès ou l’échec.

Utopia s’intéresse aux deux. More souligne l’importance de l’harmonie : de la redistribution des richesses à l’égalité des chances pour tous : riche ou pauvre, homme ou femme. Il prône la liberté de religion et même l’euthanasie - sujet pourtant tabou - y est pratiquée. Mais même dans le monde idéal, il y a un revers à la médaille. Certains sont exclus et ne peuvent pas accéder aux lieux où il fait bon vivre. Situation reconnaissable ! Pour souligner cette dualité, il y a deux espaces : l’utopie et son pendant la dystopie.

Un exemple frappant du monde idéal est le tableau Schuttersfeest (fête des archers) du Maître de Francfort. 


L’on y voit un groupe de personnes dans un ravissant jardin, en train de prendre du bon temps. Mais le peintre anonyme n’est pas aveugle à l’autre réalité : un autre groupe de personnes est délibérément repoussé par des gardiens armés. La grille est fermée. Les intrus ne sont pas les bienvenus.

Deuxième expression : les époustouflants Besloten Hofjes (jardins clos). Ces petits chefs d’œuvre - restaurés spécialement pour l’exposition – représentent un monde idéal, spirituel et paradisiaque.


Thème 2: Mondes imaginaires

Utopia n’est pas seulement une histoire de rêves et d’idéaux. Les échecs et les déceptions font aussi partie de la quête de la nouvelle société. Utopia s’intéresse aux deux. More souligne l’importance de l’harmonie mais même dans le monde idéal, il y a un revers à la médaille. Certains sont exclus et ne peuvent pas accéder aux lieux où il fait bon vivre. Situation reconnaissable! Pour souligner cette dualité, il y a deux espaces: l’utopie et son pendant la dystopie.

Thème 3: Derrière l’horizon

Utopia marque le début d’une période de changements majeurs et de voyages à la découverte du nouveau monde derrière l’horizon. Les artistes étaient nourris par la curiosité et leur créativité était stimulée comme jamais auparavant. Dans cette partie de l’exposition À la recherche d’Utopia, nous marchons  sur leurs traces et découvrons leur imagination débridée. Derrière l’horizon est une somptueuse collection de licornes mythiques, d’animaux exotiques et de pigments précieux ramenés dans nos contrées. 



Thème 4: L’univers dans la main
La quatrième et dernière partie de l’exposition nous réserve un accord final sublime. Le rêve du monde idéal prend une nouvelle dimension dans l’art. 

Les gens veulent comprendre l’univers et l’éternité – et plus seulement croire. Naturellement, la science a propulsé cette recherche. L’exposition présente des instruments de mesure scientifiques originaux de Louvain datant du 16e siècle. Louvain était à l’époque à la pointe de la fabrication des sphères  armillaires(clic) et des astrolabes






Mais, me direz-vous, pourquoi parler  ici de cette exposition proposée en Belgique et qui n'a , pas vraiment,  de lien avec Venise? Enfin, pas de lien, c'est encore à voir et à discuter, Venise étant intimement mêlée à tout ce qui fit "mûrir "notre civilisation, nos esprits, nos sociétés.

Quoiqu'il en soit, c'est ce portrait passé sur le net qui a retenu mon attention et surtout l'explication donnée au" bijou" que tient cette princesse. 

Je me suis souvenue vous avoir déjà proposé des "natures mortes" dans lesquelles ces sphères  étaient présentes sans que j'aie pu donner , alors, plus d'informations à leur sujet. En fait, pour être sincère, j'ignorais tout de ces sphères particulières.




Sebastiano LAZZARI ( clic) 




Sources de ce billet et détails ici
Photos du NET !

Mais j'ai mis cette exposition à mon programme, 
pour janvier 2017.


samedi 12 novembre 2016

Le bleu Perugino.









Polyptique de la Chartreuse de Pavie

Ce qui m'a attirée? Tout d'abord, un visage apparu sur le net au hasard d'une recherche. J'ai voulu  savoir de qui, de quoi il retournait car je trouvais les traits si fins si empreints de douceur.
 Et puis le bleu est apparu !
Un bleu que j'ai envie d'appeler: le bleu PERUGINO .



Le compartiment central, le plus important représente La Vierge à l'Enfant et  des anges. La Vierge est campée sur le côté droit parée de ses traditionnelles couleurs rouge et bleu, priant agenouillée et les mains jointes. 



Son regard mélancolique s'abaisse vers un sac blanc en partie couvert par son manteau et sur lequel est assis l'Enfant soutenu par un ange qui semble l'interroger du regard. 


L'Enfant aussi regarde Marie. Sur le haut volent trois anges qui lisent des phylactères.




L' Archange Raphaël avec Tobie





 Saint Michel Archange


Les compartiments latéraux montrent respectivement l'archange Michel et l'archange Raphaël avec Tobie.
Les dimensions du polyptyque ne sont pas celles originales car des « coupes » sont évidentes :

Dans le panneau central, les genoux de la Vierge et le sac semblent coupés.
La base du compartiment Raphaël et Tobie : seule une petite partie de la tête du petit chien qui dans la légende accompagne les deux personnages lors de leur voyage est visible.
La ligne d'horizon n'est pas à la même hauteur dans les panneaux latéraux.

Pour en savoir plus clic

Pietro di Cristoforo Vannucci, dit Le Pérugin (Il Perugino)

(né v. 1448 à Città della Pieve, près de Pérouse, en Ombrie - mort en 1523 à Fontignano frazione de Pérouse), est un peintre italien de la Renaissance appartenant à l'école ombrienne, qui a été l'un des maîtres de Raphaël. Il a peint surtout des tableaux religieux, multipliant madones élégantes et anges mélancoliques sans beaucoup de variété, « travaillant dans la religion pour s’enrichir».

Pour en savoir davantage  sur sa vie et sur ses oeuvres (clic)