dimanche 29 mars 2015

Domenica delle palme.

Melozzo da Forli


 Entrée du Christ dans Jérusalem.
Basilica of Santa Casa ( Loreto)






Chez nous, ce matin, 
distribution du traditionnel brin de buis.
Passez une bonne semaine.


(Melozzo da Forlì (1438  – 1494).


Melozzo fut l'un des principaux propagateurs de l'art de Piero della Francesca dans une région qui s'étend de Rome à Ferrare en contournant la Toscane. Sa formation ne nous est pas connue ; on peut seulement imaginer le rôle de la petite communauté de peintres non négligeables dans sa patrie (Ansuino da Forlì, Guidaccio da Imola) et de la production paléochrétienne et byzantine de la proche Ravenne, qui a pu marquer très tôt la vision monumentale du jeune peintre, le préparant aux premiers rapports avec Piero della Francesca. On le trouve successivement à Rome, à Urbino, à Lorette et à Ancône sans qu'il soit toujours possible de préciser avec certitude les dates de ses passages. Dès 1465, il s'absente de Forlì, et l'on pense que, vers cette époque, il se rend à Rome, où il travaille à l'église S. Marco (Saint Marc écrivant, Saint Marc pape).
On le retrouve à Urbino en 1470-1472, où il participe peut-être à la décoration — exécutée par Pedro Berruguete et Juste de Gand — du studiolo et de la bibliothèque du duc de Montefeltre, dont il donna peut-être le dessin d'ensemble. Années capitales pour l'histoire de la peinture, car celui qui avait le mieux compris l'art de Piero, à travers un tempérament plus communicatif, se trouve en contact direct avec le Flamand Juste de Gand et l'Espagnol Pedro Berruguete, dont le style offre alors des possibilités techniques renouvelées ; preuve en serait le Portrait de Guidobaldo da Montefeltro (Rome, Gal. Colonna). Melozzo se situe ainsi dans le large mouvement de renouveau instauré par Antonello de Messine.
De nouveau à Rome en 1473, Melozzo travaille avec Antoniazzo Romano ; en 1478, il est cité comme " pittore papale " de Sixte IV : c'est l'époque de la grande fresque solennelle (Inauguration de la bibliothèque de Sixte IV, v. 1477) du Vatican, où la perspective savante et les volumes visent à un effet grandiose, puis celle des décorations de l'église des SS. Apostoli (Christ de l'Ascension, auj. au palais du Quirinal ; Anges musiciens et Apôtres, auj. au Vatican). Melozzo, de qui les audaces picturales de Bramante étaient connues, participe dans ses œuvres au grand style monumental qui se propage, de Piero à Raphaël, à l'écart du style " âpre " des squarcionesques et de beaucoup de Florentins. Ces traits sont également sensibles dans les deux dernières grandes décorations, exécutées en collaboration avec Palmezzano : les coupoles de la chapelle du Trésor (Prophètes et Anges) à Lorette et celles, détruites en 1944, de la chapelle Feo (v. 1493, Forlì, S. Biagio), où de colossales silhouettes de prophètes, assis autour du parapet sous une fausse voûte à caissons, produisent un prodigieux effet illusionniste.

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

samedi 21 mars 2015

Le foresteria de la villa Valmarana ai Nani


Photo du site de la villa.
Durant les mois chauds de l'année 1757
Giambattista Tiepolo travaille aux fresques de la" palazzina" ( maison des maîtres) de la villa Valmanara ai Nani * , tandis que son fils Giandomenico s'emploie à peindre à fresques les salles de la " foresteria"( salles réservées aux visiteurs) .



Le bâtiment, qui borde le jardin sur le côté occidental, avait la fonction, comme l’indique son nom, de logement pour les hôtes.  A l’origine les sept arcs, soutenus
par des piliers, s’ouvraient sur un vaste porche, sur lequel donnaient les chambres
des invités. Ces ouvertures ont été successivement fermées, probablement pour
profiter de cette partie de la villa même pendant les saisons froides. Avec
l’ouverture de grandes fenêtres rectangulaires le grand porche est devenu un
salon interne.



Dans les  pièces ornées de fresques de cet édifice Giambattista Tiepolo, à
l’exception de la salle de l’Olympe, passe la main à son fils  et à
d’autres collaborateurs, comme pour indiquer que le monde des dieux et des
déesses est fini et que du drame néo-classique on passe à la comédie
bourgeoise, de Métastase donc à Goldoni. 

 Tandis que Giambattista Tiepolo
 interprète dans la résidence patronale le monde à son image, dans l’hôtellerie, son fils,Giandomenico s’ouvre à l’esprit du temps


Ce pavillon des hôtes construit d'après les plans de Francesco Muttoni  constitue  une longue suite de salles (7)reliées les unes aux autres dans une perspective télescopique.



Conformément au goût pour les chinoiseries en vogue à Venise au XVIIIème siècle,la première des salles dite -salle chinoise- est couverte d'images liées à l'Extrême-Orient.

Salle chinoise: L'offrande de fruits à une divinité lunaire.


Giandomenico Tiepolo  déploie sur les murs de cette première salle, un récit fantastique, bruissant de soieries bariolées, dans une accumulation d'idoles, de baldaquins, de pagodes, d'éventails, de vases...


Les fresques  donnent une vision extravagante de la Chine en vogue à Venise avec la comédie « Turandot » signée  Carlo Gozzi. 
L’adoration d’une divinité lunaire, l’achat d’épices et d’étoffes précieuses sont de simples prétextes pour nous montrer ces marchandises qui, depuis le temps de Marco Polo, arrivaient à Venise. 


Le marchand de tissus

L’artiste, qui, bien entendu, n’a jamais visité l’Empire Céleste, après la vision d’œuvres théâtrales et la probable lecture de « récits de voyage », représente un pays extraordinaire, où vivent des animaux très étranges, des
insectes aux dimensions incroyables, des plantes potagères inimaginables, etc..


La promenade du mandarin

Dans la salle des scènes champêtres :
Aux scènes fastueuses de la vie quotidienne chinoise succède  une  réalité plus humble, celle de la dure existence des paysans vénitiens.


La représentation isolée de la" Vieille paysanne assise sous un arbre avec son panier d 'oeufs "nous renvoie tableau du Titien  la vieille vendeuse d 'oeufs qui assiste au pied des escaliers à la Présentation de Marie au Temple-Accademia-)

Dans les curieux cadres à anneaux entrelacés conçus par Gerolamo Mangozi Colonna, Giandomenico a peint quelques-unes de ses oeuvres les plus émouvantes et les plus justement célèbres.


Salle des scènes champêtres : Le repas des paysans

Le repas.
On voit le chef de famille assis à table en plein air, tenant dans ses bras son dernier fils 



et sa femme, debout, l'assiette posée sur son ventre rebondi par une ènième grossesse.


Salle des scènes champêtres : Le repos des paysans.

Le repos des paysans qui, aux heures chaudes de la journée, ont délaissé pour un moment les travaux des champs et discutent près de leur maison à l'ombre d'un grand arbre.


 Salle des scènes champêtres: Trois paysannes vues de dos.
Réaliste aussi, l'image de ces trois paysannes coiffées de leur chapeau de paille, pour se protéger du soleil et qui se rendent  au village vraisemblablement  pour un jour de fête car elles ont revêtu leurs plus beaux atours.

***

Comme par opposition,la salle suivante ( dite gothique) illustre , elle, les loisirs de la noblesse en villégiature à différents moments de l'année.


Un couple de nobles, accompagnés d'une dame à l'éventail se promènent dans la grande chaleur de l'été, protégés  du soleil par une ombrelle.

Et le pendant : une promenade en hiver.Deux nobles dames emmitouflées dans leurs  chauds habits rentrent à la villa accompagnées d'une autre femme qui pourrait être une domestique.


Cette salle  est dite " gothique" en raison de la forme des structures préparées par Mengozzi pour encadrer les scènes peintes par Giandomenico TIEPOLO.
***
La quatrième salle , elle, a été décorée par Giambatista Tiepolo, et est dédiée aux dieux de l'Olympe.

 La salle qui suit est celle des scènes de Carnaval et est, peut être , la plus séduisante des six salles.

Trois tableaux'"feints" ont été peints à fresque sur les murs, à l'intérieur des cadres.

Le charlatan

Le menuet entre Pantalon et Colombine.

Ces deux tableaux représentent des sujets que Giandomenico avait déjà traités peu de temps auparavant sur des toiles qui ont fait partie, longtemps , de la collection Papadopoli et qui sont aujourd'hui conservées au Museu Nacional d'Art Catalunya à Barcelone.

 Le nouveau monde

quant à lui constitue l'anticipation d'un thème que le peintre abordera à plusieurs reprises et dont il livrera sa version la plus célèbre en 1791, dans la fresque peinte pour le" portego" de sa propriété , la villa Zianigo près de Mirano.





*La villa doit son nom aux étranges statues alignées le long de son mur d 'enceinte.Elles représentent des personnages à  l'aspect difforme.Ces personnages sont attribués à Bendazzoli sur des dessins de Giambattista Tiepolo
Avec l'aide précieuse de cet ouvrage magistral.




Belle semaine à tous!